Il est important de prévoir des activités que les élèves
pourront effectuer, et d’être réaliste sur ce que peuvent
faire les élèves.
Cela, d’après Sheils J. ¹, demande une certaine attitude de la
part de l’enseignant face à la production des élèves,
particulièrement en ce qui concerne la correction des erreurs et l’utilisation
de stratégies de communication pour compenser des lacunes en français.
On n’apprend pas une langue étrangère dans une progression linéaire simple. Les erreurs sont naturelles, elles font partie du processus d’apprentissage.
Tout corriger ou pas ? Cela dépendra de l’objectif de l’activité proposée.
Si vous faites une activité pour pratiquer la prononciation, ou un
point de grammaire, il semble normal de corriger les élèves.
Cependant, dans des situations d’expression spontanée, comme
en travail en groupe, il est recommandé de noter une erreur récurrente
et d’en référer à un autre moment. Si l’objectif
est de communiquer, par exemple lors d’un jeu de rôle ou d’une
discussion, notez les erreurs gênant la communication et revenez dessus
en fin d’activité. Cela peut servir d’évaluation
de l’activité.
Si vous participez à une discussion et qu’il y a des incompréhensions
dues à des erreurs, vous pouvez indiquer qu’il y a un problème
en demandant à l’élève de répéter,
clarifier, expliquer, … ce qu’il veut dire. Les élèves
devraient aussi pouvoir se dire entre eux s’ils ne se comprennent pas.
La correction dépend aussi du type d’erreurs. Celles gênant
la communication devraient être corrigées, des erreurs mineures
peuvent ne pas être corrigées ou abordées plus tard.
La plupart des spécialistes de l’enseignement/apprentissage
des langues suggèrent un degré raisonnable de tolérance
face aux erreurs, pour ne pas inhiber ou effrayer les élèves
dans leur tentative de communiquer quand ils ne sont pas sûrs de l’exactitude
de leur production. L’élève se concentre sur le contenu
de ce qu’il dit, et non la forme. Si vous ne vous concentrez que sur
la forme de ses propos, il risque d’être découragé.
Beaucoup d’assistants ont été surpris du très
faible niveau de leurs élèves en français, soyez réaliste
et n’attendez pas des productions orales à 100 % correctes.
Le plus important est d’avoir une attitude positive face à la
production des élèves, surtout dans le contexte britannique,
où l’on évalue les élèves par rapport à ce
qu’ils peuvent faire, et non par rapport à ce qu’ils ne
peuvent pas faire. Rassurez les élèves et dites leur que c’est
normal de faire des erreurs, que le français est difficile, et surtout
n’oubliez pas de remarquer les aspects positifs de la production. Par
exemple : « C’est bien ! Bon vocabulaire, c’est intéressant, … mais
il y a un petit problème avec :… ».
¹ SHEILS J., Communication in the modern languages classroom, Council of Europe Press, 1993